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25/07/2011

«Je ne suis pas du genre à ressentir le blues d'après Tour»

«Salut à tous,

Le Tour est terminé et on a été reçus à l'Elysée, dimanche soir. C'était sympa, très décontratcté, sans chichis. Le président nous a fait un petit discours puis est passé nous voir. Il  était vraiment sympa. Vraiment sincère apparemment. L'année dernière, j'y étais déjà allé. On dit jamais deux sans trois donc j'espère revenir l'année prochaine. On avait aussi une réception organisée pour l'équipe sur une péniche. C'était sympa, on s'est couché vers 4h du matin.

Maintenant que le Tour est fini, on est un peu perdus parce que plus personne ne s'occupe de nous. Pendant trois semaines on est concentrés sur la course. Cette année en particulier parce qu'il y avait énormément de pression, de stress dans le peloton. C'est un peu bizarre de ne plus ressentir ça, de savoir que je vais rentrer à la maison, revoir mes enfants, que je ne vais pas prendre de risque aujourd'hui. Je sais que je vais pas avoir à me battre pour gagner la place dans le peloton. Ça fait un peu bizarre, pendant deux trois jours, il va falloir que je retrouve mes habitudes d'avant Tour. Puis je vais vite repartir pour des critériums, mercredi et jeudi. Je vais reprendre tranquillement l'entrainement, sans le bruit des hélicoptères et la foule, même si c'est très sympa. Je ne suis pas du genre à ressentir le blues d'après Tour. Ma femme et mes enfants m'ont beaucoup manqué. Ma maison et ma piscine aussi. J'ai la chance d'habiter dans un super coin. Je vais profiter du calme.

Concernant la course, mon bilan personnel n'est pas extraordinaire. J'ai toujours connu un petit contre temps. Une petite chute, j'ai été malade pendant la deuxième journée de repos. Au bout du compte j'ai fait le travail qu'il fallait, mais je n'ai pas pu l'exploiter pour moi. J'ai retrouvé de bonnes sensations dans la montagne, les deniers jours. Maintenant, je suis très motivé pour la fin de saison, entre Paris - Corrèze et le Tour de l'Ain.

Merci de m'avoir suivi pendant trois semaines. C'était un grand plaisir,

A bientôt, Anthony

23/07/2011

«Cadel Evans, le plus intelligent»

«Bonjour à tous,

Je suis vraiment super content pour Pierrot. C'était un parcours qui lui correspondait et il a fait un très beau chrono. C'est bien pour lui et super pour l'équipe qu'il réussisse à sauver à sauver son maillot blanc. Quant à Thomas, c'était mission impossible pour lui de prendre la troisième place. Cette place sur le podium, c'est vendredi qu'il l'a perdue. Mais aujourd'hui, il a vraiment courru parfaitement. J'étais derrière lui dans la voiture et il a pris toutes les trajectoires comme il fallait, il n'a fait aucune erreur. Il a même fait un meilleur temps que sur le Dauphiné.

Félicitations à Cadel Evans. C'est lui qui a le mieux couru sur ce Tour, le plus intelligemment en tout cas. Il n'avait pas besoin de faire la différence avant le contre-la-montre, il s'est contenté de suivre, et il gagne même avec une petite marge. Chacun va analyser ses erreurs, mais les Leopard auraient du attaquer plus tôt. Ils ont trop attendu et ont souffert de leur faiblesse habituel, le contre-la-montre. Je vous laisse, j'ai un direct sur France 2.

A bientôt,

Anthony»

 

22/07/2011

«Un des plus beaux jours...»

«Bonjour à tous,

C'était une journée folle. C'est vraiment une belle victoire pour Pierre Rolland mais je suis très déçu pour Thomas. Il devrait être encore dans les trois premiers.  Si Thomas a perdu vingt secondes dans le col du Télégraphe, c'est parce qu'ils Contador et Andy Schleck l'ont lâché en prenant l'aspiration d'une moto caméra. Ca l'a déstabilisé Thomas. C'est dommage car il est resté 15 kilomètres à 20 secondes d'eux. Mais après,  il aurait du se laisser filer vers le peloton, c'est une erreur tactique.

Heureusement, on a rattrapé le coup dans la vallée. Quand on voit qu'on a réussi à boucher deux minutes en quelques kilomètres aux teniors... C'est génial.  Les non-grimpeurs comme Perrig Quemeneur et Vincent Jérôme se sont vraiment fait violence. On était six coureurs devant au pied de l'Alpe d'Huez. C'est l'un de mes plus beaux jours d'esprit collectif depuis que je fais du vélo.

Pour Pierre, il ne faut pas aller trop vite. On en a déjà fait un futur-grand et ça lui a pesé. Il avait fait une saison bien au Crédit Agricole et tout le monde le voyait déjà gagner le Tour. Au final, tout le monde l'a descendu pas longtemps après. Il n'a que 24 ans! Il est très en confiance, il a fait un coup extra. Quand tu es confiance, tout va bien. Mais par contre, l'année prochaine ce n'est pas dit que tout aille aussi bien. Mais ce qu'il a fait, c'est extraordinaire. Il a tout l'avenir devant lui. Il faut désormais qu'il prenne de la caisse, de l'expérience.

Demain, il peut garder le maillot blanc. Ca va être dur mais Rain Taaramae est en difficulté depuis deux jours, il a sauté dans le Galibier et il a limité la casse grâce au travail de Moncoutié. Mais il est meilleur rouleur que Pierre...

Thomas, lui, doit oublier tout ce qui s'est passé aujourd'hui. Je pense qu'il est plus fort que Fränk Schleck en contre-la-montre, le dépasser n'est pas infaisable. Une minute trente, ça va être dur, mais il y a quelques descentes très techniques où Thomas peut faire la différence. En plus, il était sur le Dauphiné et il a repéré le parcours.  C'est une grosse opportunité de finir sur le podium à Paris. L'année prochaine, ils ne laisseront pas Voeckler s'échapper avec 4 ou 5 minutes d'avance...

A demain,

Anthony»

 

21/07/2011

«Les Schleck ont donné une vraie leçon de vélo»

«Bonjour à tous,

C'était une sacrée étape aujourd'hui. Les gens ont du être content du spectacle. On a encore vu du grand Thomas, avec sa rage habituelle. Il est arrivé cuit mais peu de coureurs ont passé la ligne tranquilles aujourd'hui. Il y avait un énorme vent de face dans le Lautaret et le Galibier et on était tous à block. Personnellement, je voulais aller très loin avec Thomas et Pierre (Rolland) car j'ai vraiment retrouvé des belles sensations mais j'ai fait un tête-à-queue dans la descente de l'Izoard. Après, c'était difficile de revenir.

C'est pas grave, j'aurais les jambes pour demain. Ca va être une course de côte, ça va rouler très vite et ça risque d'être difficile de garder le maillot. Il Faut voir comment va se passer l'étape devant. Pour Thomas, l'objectif est un podium.  Evans va être obligé de mettre ses coureurs à rouler, ils n'ont rien fait depuis le début. Il a tout intérêt à montrer dès le début de la course qu'il veut la prendre en main. Mais j'ai bien l'impression que les Schleck ont envie de dynamiter la course, car ils ont besoin de plus d'avance sur Evans. Quand je vois les jambes d'Andy aujourd'hui, ça ne m'étonnerait pas qu'ils partent de loin. Ils marchent bien tous les deux, ils ont un coup à faire. Je ne suis pas un grand fan des Schleck mais ce qu'ils ont fait aujourd'hui, avec toute leur équipe, c'était une vraie leçon de vélo. Chapeau, il fallait oser.

Contador, lui, il a presque perdu le Tour. Mais ce n'est pas vraiment une surprise. Il n'a jamais été dans le coup, ça aurait été miraculeux qu'il revienne comme ça. Je préfère voir un mec pas bien qui reste sur son niveau de forme qu'un mec qui revient du jour au lendemain. Il a gagné le Giro, je reste persuadé qu'il ne voulait pas venir sur le Tour de France et qu'on l'a forcé. Il n'est pas dans son niveau de forme habituel.

A demain,

Anthony»

 

19/07/2011

«J'ai bien cru que j'allais passer à la trappe»

«Bonjour à tous,

Quelle journée difficile! Depuis hier soir je suis très malade, j'ai galéré toute la journée. J'ai vraiment cru que j'allais passer à la trappe dès le début de l'étape et que je ne passerais pas dans les délais, surtout que ça roulait très vite devant et qu'il faisait très très froid. Mais bon, j'ai réussi à sauver la journée, j'arrive dans le gros gruppetto. Je sentais déjà hier après-midi que ça n'allait pas trop... Je ne sais pas ce que c'est. Sur le Tour, on est fragiles, on choppe un peu tout. J'ai pas grand-chose à faire, je vais attendre que ça passe. Parfois,  ça arrive qu'on ne soit pas bien une journée et que le lendemain on se remette d'aplomb.

Sinon, Thomas perd un peu de temps pour le maillot, mais en gagne un peu pour le podium. On en avait parlé ce matin, et on s'attendait à ce que ça attaque comme ça dans le col de Manse. Je lui avais même dit «si t'as l'occasion de distancer les Schleck, hésite pas». Cadel Evans a fait un grand numéro, ce sont des conditions qu'il aime bien. Et il descend très bien.  Cette étape est révélatrice: je peux bien comprendre que les Schleck perdent du temps dans la descente mais dans la montée... il ne faisait pas assez froid pour péter comme Andy l'a fait.

A demain,

Anthony !»

 

18/07/2011

«Une victoire française demain»

«Bonjour,

Aujourd'hui l'équipe a bien géré l'affaire, on a pu rester tranquille et zapper un peu la pression qu'on a en ce moment. Je n'ai pas pu voir la famille car ma femme travaille. Je l'ai vue la semaine dernière, et je la reverrais bien sûr ce week-end. Ca fait 15 ans que je fais du vélo, depuis qu'on se connait, on est habitué. On s'appelle régulièrement, plusieurs fois dans la journée. Une personne qui commence à 7h et qui finit à 19h ne voit pas beaucoup plus ses enfants, alors que moi après le Tour je vais rester quinze jours à la maison. Et puis les enfants me voient à la télé aussi!

La fatigue, c'est une sorte de jauge d'énergie que tu consommes au long des trois semaines. Il y a des moments où l'on roule à 45km/h et qu'on peut faire durer très très longtemps. Mais si on se met à 55 on va vitre être dans le rouge et taper beaucoup plus vite dans la jauge. On gère ça grâce l'expérience, l'entraînement, la récupération. Et puis on a un très bon suivi biologique,  avec plusieurs prises de sang pendant le Tour et des repas préparé en fonction.

Demain, ça ne devrait pas être extraordinaire pour nous. Mais ça peut sourire aux attaquants. Je pense que l'échappée va être longue à partir dans un premier temps. Je verrais bien un français, un Julien El-Farès (Cofidis), qui grimpe et descend bien, voire Sandy Casar (FDJ). C'est une étape assez ouverte.  Pourquoi pas Gallopin (Cofidis) aussi? Son avantage c'est que le dernier col avant Gap il n'aura qu'à rester à l'abri et faire la différence au sprint. En tout cas une victoire française demain, ça serait bien.

Allez, à demain,

Anthony»

 

17/07/2011

«Le maillot de Thomas, c'est beaucoup de stress»

«Bonjour à tous,

On pouvait tout perdre aujourd’hui. Sur le Tour de France, ça n’existe pas les journées calmes. Avant, il y a quatre cinq ans, peut-être... Mais de nos jours il n’y a plus rien de facile. Ca a encore beaucoup frotté aujourd’hui. Heureusement, on a juste eu à assurer au début, car après on avait aucun intérêt à rouler vu que l’échappée était très bien constituée pour nous.  HTC a fini le travail.

Avec le maillot de Thomas, on commence à avoir une certaine pression. C’est difficile à gérer. Personne chez nous n’a jamais eu l’occasion de vivre ça chez nous, les coureurs, les directeurs sportifs. Il ne faut pas trop y penser et faire le travail au quotidien, en restant solidaires et bien organisés. Mais j’avoue que ce matin j’étais très nerveux au départ. Je dois arriver à me calmer, c’est beaucoup de stress : Thomas mon meilleur pote et il va disputer la victoire finale.

Demain c’est repos. Grasse mat, un petit peu de vélo et les soins habituels. J’espère qu’on va avoir un petit peu moins de médias que la dernière fois. Pour ma part j’ai refusé car j’ai besoin de faire le vide. Tu peux refuser les sollicitations quand tu es maillot jaune. Je ne crois pas qu’on allait embêter Armstrong quand il disait non. Il faut accorder 30 ou 40 minutes d’interview mais il ne faut pas que certains médias restent 3 ou 4 heures avec nous l’après-midi, comme ils l’avaient fait lundi dernier.

A demain,

Anthony»

16/07/2011

«Thomas Voeckler peut terminer dans les cinq premiers»

«Bonjour à tous,

On a réussi à conserver le maillot jaune de Thomas Voeckler aujourd'hui. On sait qu'on a le niveau et on ne s'enflamme pas. On apprécie le moment. Tout simplement, on fait notre mérier. Je n'ai pas réussi à suivre Thomas dans le Plateau de Beille. Dans l'échappée, ce n'était pas la grande entente devant. On s'est fatigué dans la dernière vallée. J'y ai laissé beaucoup d'énergie. C'est dommage parce que j'avais de bonnes sensations. Malheureusement, ce n'était pas le moment d'avoir un coup de moins bien. J'aurais dû suivre Thomas dans la montée. J'ai essayé de m'accrocher pour faire attention au classement par équipe, mais c'était compliqué de l'aider. Jusqu'où peut-il aller? Je ne sais pas. C'est la question que tout le monde se pose. Avec le contre-la-montre et l'Alpe D'Huez, ça va être difficile pour le podium. Mais finir dans les cinq premiers, pourquoi pas? Je l'avais dit dès le début d'ailleurs, il peut terminer dans le top 5.

Des fois, quand on est dans l'échappé, on peut penser à la victoire d'étape. Mais moi j'attendais juste le retour du peloton pour donner un coup de main à Thomas. Je ne pensais pas gagner. On m'a encouragé. Les gens craient mon nom, Charteau, et parfois, mon surnom, «Chartix». C'est Fabrice Salanson (ancien coureur de l'équipe Brioches La Boulagère, aujourd'hui décédé), avec qui j'étais au Vendée U qui avait sorti ça la première fois. Sans raison particulière. Dans l'équipe, on en a tous un. Thomas, c'est «Francis». Il n'y a pas de raison particulière non plus. Cycril (Gautier), c'est «Le nain». Pierre Rolland, c'est «Pierrot». Sébastien Turgot, c'est «Turguech'». Et Pierrig Quemener, c'est «Le Breizh» puisqu'il est Breton.

Allez, à demain»,

Anthony

15/07/2011

«On trempe 8 minutes dans une eau à 6°»

Bonjour à tous,

on aurait pu croire que c'était une étape tranquille pour Europcar aujourd'hui, mais les premiers kilomètres ont été difficiles, avec 48 km/h de moyenne. Après, ça s'est bien calmé.

Je pars faire ma récupération, capitale pour bien repartir sur le vélo demain. Dans le bus, on a déjà un «goûter» donné par notre partenaire, à base de féculents et de proteïnes, accompagné de boissons énergétiques pour récuperer un peu. Une fois arrivé à l'hôtel, les choses sérieuses commencent. On passe 30 minutes dans les mains de l'osthéo. En général, on a mal au genou, ou moi, j'ai mal à mes omoplates et clavicules, et l'osthéo nous remet tout d'aplomb. Ensuite, c'est passage chez le kiné, où on se fait masser pendant 1 heure. Mais ce n'est vraiment pas une heure de massage agréable, il doit enlever les boules de toxines résiduelles, condition sine qua non pour ne pas repartir le lendemain avec les jambes raides.

Enfin, par temps chaud, comme aujourd'hui, on a accès à des piscines d'eau froide... à 6°, dans lesquelles on doit rester immergés au moins 8 minutes! Ça guérit les micro-déchirures, mais c'est violent.

18:09 Publié dans Sport | Lien permanent | Commentaires (4)

14/07/2011

«On sortira des Pyrénées avec le maillot jaune»

«Bonjour à tous,

Aujourd'hui, j'ai lâché le groupe des meilleurs sur un incident mécanique. C'est Andy Schleck qui m'est rentré dedans. Il m'a cassé un rayon. Il n'y a aucun souci, ça arrive souvent dans le peloton. Après, dans la descente, je n'ai pas réussi à rentrer, ça allait trop vitre. Je ressens un peu d'amertume parce que je n'ai pas pu aider Thomas (Voeckler) à défendre son maillot. Ça m'a permis de garder de l'énergie pour les prochains jours. Je n'ai pas essayé de faire la descente à bloc. C'est dommage, si on avait été trois devant, avec Pierre Rolland, ça aurait fait un bon classement par équipe.

Comme je le disais depuis quelque temps, je ne vois pas pourquoi on devait perdre le maillot aujorud'hui. Certaines équipes nous prennent pour des gens qui ont de la chance. Mais on a une équipe bien structurée, bien solidaire avec des coureurs qui marchent très bien. Je ne vois pas pourquoi on n'arriverait pas à assumer le maillot jaune du Tour de France. La composition de l'équipe est très bien faite. Certains coureurs roulent dans la vallée, d'autres dans la montagne. Je ne sais pas jusqu'où on gardera le maillot jaune, mais c'est sûr qu'on sortira des Pyrénées avec.

Pour l'instant, je ne compte pas jouer ma carte. Je n'ai aucune amertume par rapport à cela. Il est évident que quand on a le maillot jaune dans l'équipe, ça apporte beaucoup de plaisir. Et ça amène la performance. Je l'ai vu l'année passée avec le maillot à pois. Pierre Rolland, on sait qu'il a des grosses capacités. Il a été très, très critiqué. Aujourd'hui, il se libère et ça donne du grand Pierre Rolland. On n'est pas étonnés de le voir à l'avant. Pierrot, on ne le sentait pas tout le temps à l'aise. Il se sentait obligé de justifier son statut dans l'équipe. Et là, justement, quand il travaille pour les autres, il fait un grand numéro.»

 
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