Avertir le modérateur

13/07/2011

«Si je pouvais faire que des courses en montagne, je le ferais»

«Bonjour à tous,

Aujourd’hui j’ai décroché dans les derniers kilomètres car j’étais mal placé. Mais c’est rien de méchant. J’aime bien éviter de faire les 10 dernières kilomètres à fond pour garder des forces.

J’ai vraiment envie que la haute-montagne commence. Si je pouvais faire que des courses en montagne, je le ferais. J’adore ça. Je commence à en avoir un petit peu marre de ces étapes de pleines où ça frotte beaucoup. J’ai hâte qu’on passe à autre chose.

Sinon, j’ai parlé avec Thomas ce matin: il veut que je joue ma carte perso mais il est hors de question tant qu’on a le maillot jaune que je roule pour moi et que je pense à mes intérêts. Je vais d’abord penser à Thomas.

Demain, je pense ça va beaucoup attaquer au départ pour essayer de chopper l’échappée. Si y a un bon grimpeur dedans, ça peut aller au bout. Mais ça dépend aussi des grands favoris, car ça risque de bouger devant. Je ne vois pas comment Contador ne peut pas attaquer demain. S’il veut attaquer dans le Tourmalet, c’est possible. Après la descente n’est pas très longue et il peut enchaîner sur la montée à Luz-Ardiden. Nous, notre objectif, c’est de garder le maillot.

A demain,

Anthony»

12/07/2011

«Certaines formations n'ont pas respecté l'équipe du maillot jaune»

«Bonjour à tous,

Aujourd’hui, ça c’est globalement bien passé, même si c’était un peu dur au début car le lendemain d’une étape de repos les premiers kilomètres sont toujours difficiles. Mais l’équipe a fait son travail et on est tombés sur une échappée qui était bien constituée pour nous. En plus, HTC a fait le boulot, c’était parfait. C’est de bon augure pour la suite du Tour.

Cela dit, dans les derniers kilomètres, ce n’était pas encore tranquille à l’avant, ça frottait beaucoup. Je suis même fâché par le comportement de certaines équipes, qui nous ont pas trop respecté dans le final. Pour placer leur leaders devant et éviter la chute, ils sont venus en tête de peloton et ont crée des cassures dans notre équipe, ce qui a donné une fin d’étape mouvementée. Les BMC par exemple aurait pu se mettre derrière nous sans se mettre en première ligne. C’est pas normal: L’équipe du maillot jaune, ça se respecte! Mais on va remettre les choses au clair et on va s’imposer en tête de peloton. On a été un peu gentils aujourd’hui, en faisant des cadeaux. Demain on fera le pressing pour leur expliquer comment ça marche.

Sinon, pour le gain de l’étape, je vois bien Cavendish. C’est pas une équipe qui se laisse abattre et ils voudront contrôler pour assurer la victoire. Il va remettre les choses au point après s’être fait battre aujourd’hui.

A demain,

Anthony»

11/07/2011

«Une journée de repos n'est pas facile à gérer»

Bonjour à tous,

On croyait être tranquilles dans un petit hôtel à une vingtaine de kilomètres, mais en fait il y avait beaucoup de monde autour de nous pour cette journée de repos. C'est un peu ce qu'on attendait avec le maillot jaune dans l'équipe, c'est normal. Thomas a eu beaucoup de sollicitations, je l'ai juste vu un quart d'heure. C'est sûr que pour lui, ce n'était pas forcément la journée la plus agréable. Heureusement il a réussi à voir sa famille. Mais pas moi, ma femme travaillait. Je pense les voir jeudi et vendredi sur Pau.

Aujourd'hui, j'ai fait quarante kilomètres sur la route et 45 minutes d'home trainer pour ne pas trop perdre le rythme. J'ai roulé à jeun pour éviter d'emmagasiner trop de calories dans la journée parce qu'on a beaucoup moins de dépense que les autres jours. L'objectif est de récupérer sans perdre le rythme. Il faut trouver le bon compromis. Si certains sont trop fatigués, ils ne vont pas rouler du tout. Moi j'ai besoin de rouler, de faire transpirer les jambes. Mais mine de rien, ce n'est pas évident à gérer comme journée...

Cela dit, je pense que les journées de repos sont bien placées: un peu avant les Pyrénées, elles permettent de se refaire un peu. Mais il n'y a pas de miracle, on peut récupérer quelques cartouches mais on ne va pas se refaire complètement en une journée.

Dès demain on commence la défense du maillot. On va être à 100% derrière cet objectif. Le maillot jaune, c'est quelque chose qui se respecte. Moi j'ai eu l'occasion de le défendre en 2004 donc j'ai déjà un peu d'expérience. Je ne me fais pas de soucis pour ça, on a une équipe très soudée prête à se sacrifier. Et puis dans les deux jours qui viennent les sprinteurs et notamment HTC vont nous donner un coup de main dans le final des étapes.

 

 

10/07/2011

«Un jour, ces voitures-là faucheront des gamins»

«Bonjour à tous

On va probablement boire un petit verre de vin ce soir mais nous n'allons pas faire une grande fête pour le maillot jaune de Thomas Voeckler. Ce n'est pas un aboutissement en soit d'être en jaune. Et puis il faut quand même le conserver le maximum de temps, et Thomas est parti pour faire un bon classement général. Il va donc falloir être sérieux et se concentrer sur cet objectif. Mais ça détend, on ne partira pas du Tour de France sans rien. Maintenant, il faut le garder ce maillot! Jeudi soir à Luz-Ardiden, ça va le faire. Thomas peut sortir des Pyrénées avec le maillot. Ce ne sont pas quelques cols qui vont nous faire peur!

Aujourd'hui, on a encore eu très très chaud. Sur la chute de Vinokourov, presque la moitié du peloton aurait pu tomber dans le ravin. Là, on va beaucoup trop vite, on en vient à prendre des risques inconsidérés. C'était mouillé et on descendait plus vite que sur le sec. Sur la chute d'Hoogerland et Flecha, c'est lamentable. Il y a trop de monde autour de nous: des motos, des voitures, des spectateurs. Dans les cols, ça devient dangereux.

Le chauffeur n'est sûrement pas formé, et beaucoup ne devraient pas conduire sur le Tour. J'ai déjà vu deux ou trois motards paniquer en plein milieu du peloton et ce n'est pas normal. Certains savent très bien piloter, comme des motos France Télé qui ont l'habitude d'être avec nous. Mais d'autres ne savent pas y faire. Tout coureur a déjà touché une voiture, un rétro. Il y a beaucoup d'enjeu et nous on ne ralentira pas. Certains passages sont étroits, si en plus on nous rajoute des véhicules qui n'ont pas forcément d'utilité sur la course ça va être de pire en pire. Mais bon, à la rigueur, c'est notre métier. Nous on est payés à prendre des risques. Mais un jour ces voitures-là faucheront des spectateurs ou des gamins et là ça sera différent.

Ce soir, on fait le transfert vers Aurillac. Demain, on voulait être tranquille dans un petit hôtel mais je crois qu'il y aura beaucoup de caméras avec nous. Pour ma part, je fais faire la grasse mat', deux heures de vélo, une petite sieste, un massage, une séance d'osthéo et puis un peu de piscine à l'hôtel.

A demain,

Anthony»

 

09/07/2011

«Ça fait du bien d'être acteur de la course»

«Bonjour à tous,

Ce n'était pas une mauvaise étape pour moi aujourd'hui. Je suis un peu déçu qu'il pleuve parce que je perds quelques places dans la dernière descente. J'ai fait un gros effort pour remonter et je n'ai pas pu participer au sprint pour la deuxième place. Mais je suis satisfait de mes sensations dans les cols. Je m'y attendais. Comme tous les grimpeurs du peloton, on avait besoin de savoir où on en était. J'ai de bonnes sensations. Quand Vinokourov est sorti, j'ai attaqué. J'attendais la réaction d'autres coureurs, mais personne n'y est allé. Malheureusement j'avais un peu de retard.

J'aime attaquer, j'aime être devant. Ça fait du bien de sentir que je peux être acteur de la course. J'aime bien sentir que je maîtrise les choses. Je suis aussi très superstitieux. Quand ça marche je m'y tiens. Par exemple, j'ai un petit collier avec mon alliance. Le soir, je les enlève et je mets d'une certaine manière à côté de moi pour dormir. J'ai aussi une paire de chaussettes avec des bas de contention que je mets tous les matins. J'essaie de ne pas trop en parler parce que c'est un coup à passer pour un maniaque. Dans la préparation de mes courses aussi je suis très superstitieux.

Avant chaque gros objectif, je roule avec mon père en scooter. Avec lui et personne d'autre. Pendant les jours de repos, je roule à jeun le matin. C'est comme ça. Dans le bus, j'ai aussi une place bien précise le matin. Si quelqu'un la prend, je ne dirai rien, mais j'aime bien cette place là. Et je pense que les autres s'en sont rendu compte...»

08/07/2011

«J'aurais du mal à être plus maigre qu'aujourd'hui»

«Voilà l'étape est terminée et je suis content de sortir de cette galère. Parce qu'il y avait vraiment beaucoup de tension encore aujourd'hui pendant l'étape. Je me retrouve derrière et il ne me manque pas grand-chose pour rentrer. J'étais avec Vinokourov mais lui arrive à faire la différence. Moi je coince un peu. Bon, ce n'est pas très grave. Pierrig Quemeneur a très bien roulé dans le final pour limiter les dégâts. Il a fait de gros efforts. J'essaie de ne pas perdre trop de temps pour le général. Demain, ce n'est pas une grande étape de montagne, on va en avoir un petit aperçu. Il n'y a pas de cols extraordinaires, hors catégorie, donc ce n'est pas une journée de montagne. Je ne suis même pas persuadé que ce soit un grimpeur qui gagne samedi. Je vois bien 80 coureurs au pied de la dernière montée et un costaud s'imposer.

Maintenant, comme tous les soirs, on va aller manger dans notre camion nutrition. On a des nutritionnistes qui composent nos menus en fonction des courses. Classiques ou grands tour. C'est un camion où on mange à dix coureurs. On a trois cuisiniers en permanence avec nous. On prend tous nos petits déjeuner et repas du soir dedans. Ça nous permet d'avoir une nourriture adaptée à nos besoins. Par rapport à notre poids et nos caractéristiques, les médecins voient avec les cuisiniers. Moi, pendant la première semaine, j'ai demandé au cuisinier de manger un peu moins pour perdre encore un petit peu de poids en vue de la montagne. Il y en a qui ont besoin de plus de féculents ou protéines. On modifie les repas en fonction.

Là je suis moins lourd de 300 grammes par rapport à l'année passée. J'aurais du mal à être plus maigre que je le suis en ce moment. J'ai 5,5% de matière grasse ce qui est peu. L'an dernier j'ai fini le Tour à 5,3%. Voilà pourquoi ce camion est primordial. En plus c'est un lieu où on est au calme. On est déconnectés de la course et ça nous fait vraiment du bien.

A demain»

 

07/07/2011

«Qu'on mette une étape de montagne la première semaine»

«Bonjour à tous,

Encore une journée stressante aujourd'hui. Lors des 40 derniers kilomètres, il y avait beaucoup de vent et la pluie s'en est mêlée, avec de vrais risques de bordures. Ajoutez à cela des routes étroites et des descentes et ça donne encore pas mal de dangers. Surtout que tout le monde veut gagner, ça frotte pas mal pour être à l'avant. Le peloton est nerveux, il y a beaucoup d'enjeu...

Ces arrivées un peu pour puncheurs, c'est très bien pour le spectacle mais plutôt dangereux pour les coureurs. Moi, ce que j'aimerais, c'est qu'on mette une vraie grosse étape de montagne dans la première semaine. Ca calmerait tout le monde, le classement serait fait et il y aurait moins de tension. Là, il y a des coureurs qui pensent à faire quelque chose au classement général alors qu'ils en ont pas forcément les capacités. J'en parlais avec Sébastien Hinault et on se disait qu'il y a quelques années tous les rôles des équipes étaient déterminés à l'avance: Il y avait les sprinteurs (Quick Step, Lotto) et après, une fois dans la montagne, Armstrong prenait le relai. On a passé une génération. Aujourd'hui tout le monde veut tout jouer.

Bref, j'ai vraiment hâte que la montagne commence. Je suis frustré de ne pas être à l'avant du peloton, j'aimerais pouvoir faire quelque chose. Mais bon, d'abord, j'aimerais que demain soit une journée tranquille. On devrait avoir droit à un vrai sprint massif. Je vois Cavendish, qui pour moi est plus fort que Farrar.

A demain,

Anthony»

 

06/07/2011

«J'ai rarement senti le peloton aussi nerveux»

«Bonjour à tous,

On est vraiment passé par des petites routes aujourd'hui. C'est vraiment idiot de faire passer les coureurs dans des agglomérations et des centres-villes comme ça. Et puis certains coureurs font n'importe quoi, c'est un peu limite. Si chaque leader veut tous ses coureurs avec lui, c'est impossible. Puis personne ne fait attention aux autres. Certaines équipes se croient vraiment trop supérieures aux autres. Je parle de celles des gros leaders. Quand il reste 20km, on laisse les sprinteurs. C'est beaucoup mieux comme ça. Le problème, c'est que les grimpeurs, les rouleurs et les sprinteurs veulent être devant.

C'est la raison pour laquelle il y a autant de chutes. Dans les oreillettes, les directeurs sportifs demandent à leurs coureurs de remonter à l'avant. Moi je suis tombé. J'ai évité une chute, mais des coureurs m'ont percuté par derrière. Je suis amoché au tibia, mais rien de bien grave. Bon, ça va, je n'ai pas perdu trop de temps. C'est une bonne journée, sauf la mauvaise nouvelle pour Christophe Kern (il a abandonné). On savait que ça allait arriver. Il a une tendinite et leu seul moyen de la guérir, c'est le repos. Aujourd'hui, c'était nerveux, quand on a mal au genou comme ça, c'est impossible. Il va falloir qu'on réagisse. Thomas Voeckler l'a fait en fin d'étape, ça aurait pu marcher.

Il ne faut pas que l'ambiance soit minée. On doit garder le moral. On sait que cela peut arriver. Ça fait partie de notre métier. Les chutes aussi. On essaye de faire avec. Jeudi, il n'y a pas assez de points au classement de la montagne pour moi. On ne pourra pas faire de différence. Pour moi, ça arrivera encore au sprint. Je mettrais bien une petite pièce sur Gilbert. J'espère que ce sera plus calme qu'aujourd'hui. J'ai rarement senti le peloton aussi nerveux. Même l'année passée. C'était différent. Là, c'était nerveux pour rien. C'est agaçant

A demain, Anthony»

 

 

05/07/2011

«Les transferts en voiture, c'est du temps perdu»

«Bonjour à tous,

On a connu des conditions difficiles aujourd'hui, même si ça s'est amélioré tout au long de la journée. Moi j'aime vraiment la chaleur. Mais il y a toujours quelques jours sur le Tour de France où ce n'est pas le cas. On ne peut pas toujours en avoir. Pendant la course, j'étais mal placé au pied du Mûr. Je savais que j'allais laisser beaucoup d'énergie à me placer alors j'ai attendu. J'ai de bonnes sensations dans les côtes, donc j'ai préféré remonter sur la fin. C'est une bonne chose. Je ne suis pas étonné de voir que Contador a attaqué. C'est quelqu'un qui a beaucoup de caractère. Il prouve à ceux qui disent qu'il n'est pas bien qu'il peut gagner le Tour de France. C'est très bien pour le vélo.

Sinon, mon adducteur va mieux je n'ai rien ressenti pendant la course. L'étape de demain ne sera pas du tout pour moi. Je l'ai cochée mais dans celles que j'aurais aimé ne pas faire. Là, on file à l'hôtel, mais on a encore 100 kilomètres de transfert. C'est problématique. J'ai vraiment l'impression qu'on fait de plus en plus de transferts avant et après les étapes. Du coup, on se couche plus tard et on se lève plus tard. C'est embêtant. En plus, il y a beaucoup de monde sur les routes. C'est du temps perdu. On mange, on boit dans le bus, mais on ne peut pas de faire masser. Ce n'est pas du temps qu'on peut savourer dans la chambre tranquillement. En fait, j'ai l'impression qu'on regroupe de plus en plus les équipes dans les mêmes villes, c'est plus facile. Il y a quatre, cinq ans, ça ne se passait pas vraiment comme ça.

Allez, à demain,

Anthony»

 

04/07/2011

«Pas le temps de regarder la télé le soir...»

«Ça ne s’est pas trop mal passé aujourd’hui. Je suis passé dans le village de chez mes parents. J’avais hâte de faire cette étape. Il y avait une grande fête dans le village. J’ai eu la chance de m’arrêter quelques secondes. C’est la première fois que je passe à côté de chez moi. J’ai demandé à Hushovd l’autorisation et évidemment il a accepté. Après ça, roulait très, très, vite. Au niveau sensations, ça va à peu près. J’ai réussi à garder assez d’énergie pour la suite. J’étais pris dans la cassure en haut du pont de Saint-Nazaire, mais il n’y a pas eu de souci.

Je vais pouvoir me reposer ce soir. Je fais chambre avec Yohann Gene. C’est son premier Tour. Moi dans l’équipe, je suis soit avec lui, soit avec Thomas Voeckler. Mais comme depuis deux mois on est ensemble, on a remis ça sur le Tour. On a les mêmes horaires. On se couche à 23 heures pour se lever à 8h. Le soir, on n'a pas le temps de regarder la télé. Moi j’ai un petit souci aux adducteurs, quelques fibres déchirées, donc je vois les médecins, les ostéos. Puis on passe à table à 21h30, jusqu’à 22h30. Après, on appelle un peu la famille. Et on va se coucher.

Demain, on a droit au Mur de Bretagne. Je l’ai passé plusieurs fois, lors du Tour en 2004 notamment et en courses amateur. C’est vraiment une arrivée pour Philippe Gilbert. Je ne vois vraiment pas qui va pouvoir le battre. Je ne pense pas que les favoris au général se découvrent demain. Ils ne vont pas prendre de risque si tôt dans la course.

A demain»

 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu